L’INDUSTRIE SIDÉRURGIQUE À L’HEURE DE LA DÉCARBONATION
Responsable d’environ 7 à 9 % des émissions mondiales de CO2, l’industrie sidérurgique est l’un des secteurs les plus complexes à décarboner. Mais face à l’urgence climatique, de plus en plus d’acteurs industriels mettent en place des stratégies ambitieuses de décarbonation pour répondre aux grands enjeux de la transition énergétique.

Essentielle pour de nombreux secteurs industriels, la production d’acier repose sur des procédés énergivores dont la méthode traditionnelle de production, utilisant le coke pour réduire le minerai de fer dans des hauts fourneaux qui génère des quantités massives de CO2. Dans un contexte où les engagements climatiques mondiaux visent à limiter le réchauffement à 1,5°C, la réduction de l’empreinte carbone de l’industrie sidérurgique s’impose comme un enjeu crucial.
La révolution de l’hydrogène
Positionné comme un pionnier dans la décarbonation de la sidérurgie, le groupe suédois SSAB amorce avec Hybrit une révolution dans la production d’acier sans CO2. Ce projet collaboratif avec l’entreprise énergétique Vattenfall et la société minière LKAB vise à remplacer l’utilisation du charbon par de l’hydrogène pour produire de l’acier. De quoi permettre de réduire les émissions de CO2 de 10 millions de tonnes par an d’ici 2035, soit l’équivalent de 10 % des émissions de la Suède. Depuis 2021, SSAB a déjà produit ses premières tonnes d’acier décarboné grâce à cette technologie.
Des efforts soutenus pour une production plus propre
ArcelorMittal, le plus grand producteur d’acier au monde, a lancé plusieurs projets de décarbonation, avec des investissements importants dans des technologies de rupture. L’entreprise a adopté une feuille de route visant à réduire ses émissions de CO2 de 30 % d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les projets les plus notables, le groupe a lancé des initiatives pour utiliser l’hydrogène dans ses hauts fourneaux et exploiter des technologies de capture et de stockage du carbone (CSC). L’entreprise a également engagé des projets pilotes dans son usine de Dunkerque pour l’utilisation de l’hydrogène dans la réduction du fer.
Une feuille de route vers l’acier décarboné
Le sidérurgiste allemand Dillinger met également en œuvre des investissements d’un montant historique pour réduire son empreinte carbone. L’entreprise a engagé une stratégie de rupture dans ses installations et ses processus de production. Dillinger allié à Saar Stahl priorise l’utilisation de l’hydrogène pour de nouvelles installations de Réduction Directe du minerai de fer. Couplée à de grands fours à arc électrique, cette stratégie permet d’intégrer des sources d’énergie renouvelables afin de respecter les engagements vers la neutralité Carbone. Dillinger conservera ainsi l’intégralité de son offre actuelle pour répondre aux besoins de ses clients.
L’acier décarboné au cœur de la stratégie
L’un des plus grands producteurs d’acier en Europe, le groupe Marcegaglia a, lui aussi, pris des engagements essentiels en matière de décarbonation. L’entreprise italienne met en œuvre une combinaison de technologies visant à réduire ses émissions, incluant l’hydrogène et l’électrification de ses processus. En rachetant, dans le cadre de sa stratégie de croissance et de décarbonation, l’usine Ascométal, acteur stratégique de l’industrie sidérurgique européenne, il élargit son portefeuille de produits tout en intégrant de nouvelles technologies de production respectueuses de l’environnement. L’entreprise a également mis en place un plan ambitieux pour augmenter la part de l’acier recyclé dans sa production afin de contribuer à une réduction significative des émissions liées à la fabrication de nouveaux produits. L’intégration de pratiques circulaires et l’optimisation de la gestion des ressources énergétiques font également partie de ses initiatives pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE.